BABY, BEBE NOA

6 mois d’allaitement exclusif

Dans l’article De 8 à 9 mois je vous parlais de mes quelques craintes face à l’allaitement que je souhaitais mettre en place une fois bébé arrivé. Est-ce que j’allais y arriver? A qui pourrais-je en parler en cas de difficultés? Est-ce qu’on allait me faire des réflexions par rapport à ce choix? Est-ce que mon bébé allait bien grandir?

Après plus de 9 mois d’allaitement dont 6 mois d’allaitement exclusif, il est temps de faire le point ;)

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POURQUOI J’ALLAITE

Allaiter ou pas était une des questions que je me suis posée pendant ma grossesse, et la réponse est vite arrivée. Oui, j’avais envie d’essayer, d’offrir ce que je considérais comme le meilleur à mon bébé et vivre la maternité « au complet ». Un bébé grandira très bien au lait artificiel et on peut vivre la maternité pleinement sans allaiter, je ne juge personne là-dessus, c’était juste mon ressenti, mon envie et mon besoin à moi, personnellement.

Alors évidemment c’est aussi une petite source d’angoisse: Comment fait-on? Est-ce que je vais y arriver? Est-ce qu’il y a besoin de « matériel » particulier? De suivre un régime alimentaire spécifique? Est-ce que je vais avoir mal? Combien de temps on allaite? Comment fait-on en public? Est-ce que bébé va boire plus ou moins souvent qu’au biberon?

Et puis plus ça va plus j’ai eu envie d’y croire, de vivre ce moment si intime ne serait-ce qu’une fois avec bébé et d’être fière de le voir grandir grâce à moi, littéralement.

LES PREMIERES TETEES

Pour répondre aux quelques questions ci-dessus, tout s’est mis en place facilement et beaucoup plus sereinement une fois de retour à la maison après les quelques jours passés à la maternité. Là-bas entre la fatigue, la chute des hormones, le stress face à ce bébé qui pleure et qu’on ne connaît pas encore, bien qu’on ait passé 9 mois ensemble, le personnel de l’hôpital qui ne pense qu’au poids de bébé… Heureusement j’ai été très bien aidée par les infirmières et une puéricultrice concernant les positions pour la mise au sein, elles m’ont aidé à ne pas culpabiliser quand Noa pleurait sans que je sache quoi faire ni comprenne pourquoi, quand il a fallu lui donner quelques biberons de lait artificiel le temps que ma montée de lait arrive et à appréhender en douceur cette nouvelle vie de Maman.

Et puis j’étais paniquée avec tous ces: « Il faut qu’il boive toutes les 2h, mais pas plus de 30 min. Il ne faut pas qu’il s’endorme au sein. Il faut le stimuler, lui frotter les mains, les bras, les jambes. » Ah oui? Et quand il n’a pas faim? Ou au contraire quand il tète toujours au bout de 30 minutes? Et si il s’endort, je le réveille? Je ne savais pas quoi ni comment faire, je notais les heures de tétées comme on m’a demandé de le faire, le contenu des couches… « Si il urine c’est bon ». Bon, c’est bon alors.

L’ALLAITEMENT A LA DEMANDE

Et puis le jour de notre sortie, une nouvelle puéricultrice m’a dit qu’il fallait l’allaiter à la demande, tout simplement. Et d’un coup d’un seul, une fois à la maison j’étais rassurée, j’ai compris. J’ai su qu’il fallait que je fasse confiance à mon bébé, que je le laisse prendre son temps, qu’importe le dodo au sein, le temps passé à téter ou les « horaires » à respecter. Noa avait besoin de moi, de ma présence, de ce contact, c’était sa façon de se rassurer, et moi aussi je pense. On a trouvé notre rythme, et cette phrase a raisonné dans ma tête plus d’une fois.

Une puéricultrice est venue à la maison quelques semaines après la naissance de Noa, tout allait bien, et j’ai pu poser quelques questions à la sage-femme que j’ai vu pour les cours de rééducation du périnée. Et puis, il y a les copines comme ma douce Ombeline, qui m’a été d’un grand soutien de nombreuses fois. Elle a toujours su trouver les mots pour m’encourager et que j’arrête de culpabiliser face à certaines situations, un grand merci <3 Bref, une fois qu’on y est, on trouve finalement toujours du monde à qui en parler, même si dans mon entourage proche à l’époque personne n’allaitait.

Je vous dirais juste qu’il faut se faire confiance, respecter les envies et les besoins de son tout petit. Les trois premiers mois j’avais l’impression d’allaiter presque constamment, c’était déroutant, éprouvant, épuisant. Et puis doucement nous avons trouvé un rythme, les tétées se sont espacées et ça a fonctionné de mieux en mieux.

FATIGUE? DOULEUR?

Je ne saurais dire si allaiter est plus fatiguant ou pas que de donner le biberon. Disons que d’un côté on ne peut donner le relais à personne, jour et nuit il faut assurer. Et d’un autre côté on peut aussi tirer son lait (ce que je n’ai jamais fait mis à part à la maternité), ou encore allaiter bébé allongé et en profiter pour faire une petite sieste avec lui la journée. Et pour la nuit, le cododo c’est la vie!

Quant à la douleur, je n’ai pas à me plaindre là-dessus, je n’ai jamais eu de soucis particulier. Evidemment c’est un peu désagréable à la maternité quand bébé tête pour la première fois, il apprend à le faire comme on apprend à ressentir ça, tout en cherchant la bonne position, en ne sachant pas si il tête vraiment bien ou pas… Quelques matins j’ai eu les seins douloureux et volumineux, Noa n’avait pas forcément beaucoup tété la nuit du coup ils étaient pleins, mais une tétée plus tard et c’était réglé.

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EN VRAC

Noa a pris du poids et grandit correctement chaque mois, il est dans la courbe de croissance normale et n’est tombé malade qu’une seule fois, quand nous avons commencé la diversification alimentaire…

Concernant le « matériel » à avoir il n’y en a pas, si ce n’est des soutien-gorge d’allaitement je dirais pour le côté pratique. Mais je vous parlerais de tout ça plus longuement dans un autre article, promis.

Etre végétarienne ne pose pas plus de problèmes en allaitant qu’en étant enceinte. Noa et moi nous portons très bien, mais, je pense qu’il va falloir qu’on fasse un point « alimentation » ensemble aussi.

Enfin, allaiter en public n’est pas évident au début, on ne gère pas tout très bien (position, bébé qui a trop faim, qui a un rôt, le côté pudique…) et on panique vite dès que les gens nous regardent, nous posent des questions ou commentent le comportement de bébé. Alors je changeais de pièce, je nous cachais avec des langes… Jusqu’à ce que je prenne confiance, que j’appréhende et comprenne mieux les besoins de Noa, que j’achète les vêtements adéquates pour être plus à l’aise et qu’ainsi je n’ai plus peur qu’un bout de sein soit visible.

Il m’est arrivé de demander la permission au médecin pour allaiter dans la salle d’attente, avec le recul je me dis que je suis bête, je n’avais aucune permission à demander, que ce soit au médecin ou aux personnes présentes dans la salle d’attente. Allaiter son bébé est un acte on ne peut plus naturel, qui ne devrait choquer ni gêner personne, surtout pas la Maman qui ne fait que nourrir son enfant.

6 MOIS (et plus) PLUS TARD

A l’heure où j’écris ces quelques lignes cela fait déjà plus de 9 mois que j’allaite Noa, dont 6 d’allaitement exclusif. D’après mon médecin j’aurais pu l’allaiter exclusivement jusqu’à ses 1 an et plus sans problème, mais j’ai souhaité mettre en place la diversification. Ce petit est si curieux qu’il souhaitait toucher à tout et il n’a aucun soucis pour manger, il aime tout. Et puis, c’est aussi une façon de le rendre plus indépendant, que quelqu’un d’autre puisse s’en occuper, mais nous pourrons reparler de la diversification alimentaire plus tard si vous voulez.

6 mois (et plus) plus tard je suis très fière d’avoir vu mon tout petit grandir et évoluer pleinement chaque jour grâce à moi, de ne pas avoir arrêté l’allaitement malgré de nombreux doutes et remises en question. Cela n’a pas toujours été facile, entre mon ral-le-bol de cette dépendance physique, un bébé qu’on ne comprend pas toujours bien ou encore les vilaines réflexions entendues.

Toujours est-il qu’encore aujourd’hui les choses évoluent, ces moments rien que tous les deux sont parfois pénibles mais magiques, intimes et uniques. Noa n’est pas toujours délicat quand il tête: il me tape, me pince ou me griffe la poitrine en ce moment. Pour jouer évidemment, rien de méchant là-dedans au contraire. Et parfois il me regarde et sourit, je fonds d’amour à chaque fois <3

Alors oui, il a pris l’habitude de s’endormir exclusivement au sein, la nuit c’est donc cododo, n’en déplaisent à ceux qui disent que « C’est maaaaal! Il ne faut pas faire ça! ». Comme dirait ma Maman « On fait comme on peut » et surtout comme on le ressent en tant que Maman, en tant que parents. Je ne pense pas que Noa ou tout autre bébé allaité que je connais aura plus de « vices » comme ils disent qu’un autre… Mon tout petit est calme, câlin, très sociable, souriant et commence à faire sa vie maintenant qu’il se balade à 4 pattes. Et puis le voir s’endormir si serein, si rassuré, parfois souriant dans mes bras, me fais dire que l’allaitement, le nôtre, est forcément une bonne et belle chose.

Bref, je ne sais pas si cet article a un sens au final, j’ai tellement de choses à dire, tellement ressenti de choses par rapport à l’allaitement que je m’embrouille peut-être un peu. J’ai d’autres articles en tête, notamment concernant les « produits » indispensables ou pas selon moi pour allaiter et un petit avantages/inconvénients, bien que j’ai déjà un peu abordé quelques points par ici. N’hésitez-pas si vous avez des questions particulières, j’essaierais d’y répondre au mieux de ma petite expérience de Maman. Enfin, merci et surtout bravo si vous avez lu cet article en entier, j’ai mis du temps à l’écrire mais je tenais à ce qu’il soit le plus sincère possible ♥

Belle journée à vous!

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10 Comments

  • Reply Abdc 5 juin 2017 at 17:55

    Quelle belle histoire, bravo pour cet allaitement ! J’ai allaité ma fille exclusivement pendant 2 mois et demi, et l’ai sevré pour reprendre le travail. Rien d’obligatoire mais j’avais du mal à imaginer mêler vie pro et allaitement. Je suis impressionnée par ces mamans qui comme toi poursuivent l’allaitement pendant 6 mois ou plus, c’est une belle preuve d’amour, et c’est le meilleur à donner à son enfant.
    À lire ton article tu sembles par contre avoir été mal conseillée à la maternité, en effet la clé de la montée de lait c’est l’allaitement à la demande, et surtout pas les biberons de complément ou le tire-lait … mais cette vision des choses n’est pas pratiquée par tous les hôpitaux (et très très critiqué par l’entourage, surtout la génération de nos parents pour qui on devrait rythmer l’enfant au plus vite, pour qu’il fasse ses nuits … et qu’il ne « bouffe pas ses parents »). J’ai parfois été un peu influencée par ça, notamment les 2 premiers mois ou ma fille ne dormait bien que contre nous et je culpabilisais de lui donner « de mauvaises habitudes » …. avec le recul je me rends compte que c’était ridicule, elle avait simplement besoin de nous et a fini d’elle même par dormir très bien toute seule à 3 mois.
    Je verrais les choses bien différemment pour un second enfant !!

  • Reply Mathilde 5 juin 2017 at 19:33

    Bonjour,
    Actuellement j’allaite depuis bientôt 2 mois ma petite fille, et je vois très bien les « contraintes », si c’en ait vraiment, de l’allaitement. Pour ma part j’utilise des bouts de seins car ayant les mamelons plats et ma sensibilité accrue de cette zone mais dès que j’ai des doutes sur mon allaitement je vais sur le site de la leche league France.
    J’espère pouvoir allaiter au moins jusqu’à 6mois voire plus.
    Merci pour ce billet

  • Reply Manon / Fizzyetcie 5 juin 2017 at 21:08

    J’ai adoré ton témoignage, j’aurais aimé avoir un tel allaitement​. Ta relation avec Noa a l’air juste parfaite.
    Ici, Félix est né 3 mois en avance, moi qui rêvais d’un allaitement long, ça a été légèrement différent. Trop petit pour aller au sein, j’ai du tirer mon lait dès le début, qu’on lui donnait par sa sonde gastrique ses 3 premiers mois. Mais à 6 mois de grossesse le corps n’est pas vraiment prêt, ma lactation n’a jamais été très élevée. Même sans la sonde je n’ai pu le mettre que très peu au sein, vu son petit poids il fallait absolument savoir combien il buvait. Il a été exclusivement au lait maternel pendant 4mois 1/2 puis j’ai commencé à introduire du lait en poudre petit à petit. Aujourd’hui il va avoir 6 mois et je pense que c’est bientôt la fin du tire-allaitement, je ne tire plus assez pour lui. Ce n’est certes pas l’allaitement dont j’avais rêvé mais je ne regrette pas d’avoir tenu si longtemps avec ce terrible tire lait, j’ai fait mon maximum !

    Gros bisous à vous deux

  • Reply Maman Sur Le Fil 6 juin 2017 at 08:38

    Bravo pour ce joli retour d’expérience ! et bravo pour ce bel allaitement réussi… Un début de relation tout en douceur.

    Bonne journée

    Virginie

  • Reply Sarah Ymum 6 juin 2017 at 13:01

    Très joli article, qui me rassure, en un sens, car j’en suis à 10 mois et demi d’allaitement quasi exclusif (elle rechigne à se lancer dans la diversification), et cela n’est pas toujours bien vu par l’entourage. J’ai de la chance, mes proches comprennent et ne me jugent pas, mais il est vrai que dans notre petit monde actuel, allaiter si longtemps peut avoir un côté surprenant pour bien des gens.
    Ce qui me touche particulièrement, c’est cette propension, comme tu le dis si bien, que l’on a à s’excuser…
    Tout d’abord d’écrire sur l’allaitement, car moi aussi, pour ne froisser personne, je mesure l’importance de bien préciser à chaque fois que je ne suis pas militante, que je ne fais que partager mon ressenti, tout en plaidant pour le respect du choix de chaque maman… Ce sujet est-il si polémique que l’on se sent obligées d’écrire en prenant des pincettes ?
    Ensuite, s’excuser d’allaiter en public. Ou du moins « demander la permission ». Je l’ai fait, moi aussi, au début, sûrement par manque de confiance, mais maintenant que je maitrise, j’ai tendance à ne plus y penser… Mais culpabiliser quand tout à coup je vois un regard insistant, m’obligeant à m’apercevoir que ma poitrine est peut-être un peu trop dévoilée.
    Bref, c’est un magnifique chemin co-construit avec ma fille, comme avec ton petit Noa, avec ses nombreux moments de doutes, ses difficultés, mais aussi ces instants de complicité uniques, que personne ne saura nous voler.
    Merci pour ce joli billet tout en douceur, et au plaisir de te lire !
    Sarah

  • Reply Celine D'Arras 6 juin 2017 at 14:11

    Merci pour ce bel article que j’ai lu avec beaucoup d’attention étant en pleine période d’allaitement !
    Petit bout vient d’avoir 6 semaines et pour le moment tout se passe bien !
    C’est dommage que les équipes de la maternité t’ai stressé avec les heures etc car effictivement ce qui fonctionne le mieux c’est à la demande et au ressenti. J’ai été très bien conseillée en préparation à l’accouchement et on m’avait prévenue des conseils discordants des équipes dans les maternités. Tout s’est très bien passé dès le début et je trouve cela toujours aussi simple et naturel ne nourrir mon bébé ♡
    Je sors tout de même d’un petit passage de doute lié à une poussée de croissance. Je ne savais pas ce que c’était et je me suis beaucoup inquiétée avant de savoir (bébé pleurait sans arrêt s’il n’était pas au sein, ne dormait pas plus de 10 minutes, j’avais l’impression que je n’avais plus du tout de lait …) un peu fatiguant mais il semble reprendre son rythme normal … ouf !
    J’aurais aimé allaiter exclusivement les 6 mois complets mais je vais reprendre le travail à ses 4 mois donc je passerais sûrement en allaitement mixte. J’espère que ça se passera bien !
    Gros bisous à vous

  • Reply Maman-Tout-Terrain 7 juin 2017 at 05:55

    Merci pour ce joli temoignege qui respire la serinite! C’est chouette de lire un allaitement ou tout roule, dans la simplicite! Plein de belles choses pour la suite :-)

  • Reply Maman Nouille 7 juin 2017 at 16:03

    C’est une jolie histoire.
    Moi je trouve que ton article a du sens, parce que justement il y a des choses à raconter. que tout n’est pas évident, qu’on s’inquiète et puis qu’on apprend à faire confiance au bébé, à se faire confiance et qu’après ça roule. Quant à l’endormir au sein, si ça ne te pose pas de problème, je ne vois pas qui ça regarde (moi aussi ma pédiatre m’avait flippé avec mon premier ‘il ne faut surtout pas le laisser s’endormir au sein’). C’est ton bébé et tes seins, tu fais ce que tu veux!

  • Reply vingtetunpardeux 12 juin 2017 at 15:54

    Cet article a beaucoup de sens et est très beau, c’est un plaisir de le lire.
    Belle vie de maman à toi, avec ce tout-petit à croquer <3

  • Reply Gaelle 11 juillet 2017 at 14:16

    Cela m’a fait du bien de lire cet article. Je pense que l’allaitement est l’une des expériences les plus marquantes de ma vie. En même temps, c’est réconfortant de savoir que l’on n’est pas seule à avoir eu de petits soucis. Merci pour ce beau partage.

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